par Natalia Reiter et Krisztina Than/Reuters le 02/12/2005 22h18
BUDAPEST (Reuters) - Certains pays d'Europe de l'Est ont laissé entendre vendredi qu'ils pourraient accepter une légère réduction de l'aide qu'ils reçoivent de l'Union européenne, pour sortir de l'ornière les négociations sur le budget des Vingt-Cinq.
Le budget 2007-2013, censé être adopté lors du sommet européen des 15 et 16 décembre, a été le principal sujet à l'ordre du jour des discussions vendredi à Budapest entre les dirigeants des quatre plus importants nouveaux membres de l'UE (Pologne, République tchèque, Hongrie, Slovaquie) et le Premier ministre britannique Tony Blair, dont le pays préside jusqu'à la fin de l'année l'Union européenne.
Les discussions n'ont pas débouché sur une avancée concrète, mais les participants les ont jugées utiles.
"Nous sommes toujours loin d'un accord aujourd'hui", a dit le Premier ministre hongrois, Ferenc Gyurcsany, lors d'une conférence de presse. "Nous sommes pour un accord, mais pas à n'importe quel prix."
Blair n'a pas mâché ses mots. "Si nous ne parvenons pas à un accord budgétaire en décembre, il n'est pas plus vraisemblable que nous ayons un accord budgétaire dans six mois ou un an", a-t-il lancé lors d'une conférence de presse après les discussions.
S'il n'y a pas d'accord sur le financement futur sous la présidence britannique qui expire le 31 décembre, "les conséquences, c'est que dans deux ans vous ne toucherez peut-être plus qu'un tiers des sommes dont vous avez besoin", a-t-il ajouté.
Les nouveaux membres ont réitéré leur hostilité au plan de la Grande-Bretagne de réduire de 10%, soit 16 milliards d'euros, l'aide aux pays qui ont adhéré à l'UE en mai 2004. Selon ces pays, une baisse aussi marquée les empêcherait de moderniser leurs infrastructures et de rattraper les pays de l'Ouest.
Le Premier ministre polonais, Kazimierz Marcinkiewicz, dont le pays serait privé de six milliards d'euros si l'on appliquait la proposition britannique, a assuré que Varsovie était prêt à s'opposer à l'adoption du budget lors du sommet européen.
"Cette conversation (avec Blair) était nécessaire. Elle a été très âpre, mais aussi très importante. M. Blair n'a pas donné de chiffres concrets, mais je peux dire que la Pologne n'acceptera pas un mauvais budget", a-t-il dit à la presse.
PROPOSITIONS HONGROISES
Toutefois, déclarait-on vendredi de source diplomatique, les nouveaux membres de l'UE pourraient accepter un compromis sur une réduction moins importante des aides de l'UE, dans la mesure où la baisse serait compensée par un accès plus facile aux financements dont ils ont besoin pour se moderniser.
"Je pense que la Grande-Bretagne pourrait accepter une réduction de 5% (des aides)", a dit un responsable participant à la réunion de Budapest.
Malgré les divergences affichées, des solutions de compromis semblent voir le jour. Londres doit annoncer lundi des propositions détaillées en matière budgétaire.
Les pays d'Europe centrale, par exemple, pourraient être autorisés à réduire leur contribution au budget européen du montant qui va au financement du rabais britannique, au coeur de la querelle budgétaire.
"La question est de savoir si l'Allemagne et la France accepteront cela", a dit un négociateur.
La France et l'Allemagne ont déclaré vendredi qu'elles refusaient de laisser se dégrader leur position de contributeurs nets au budget européen.
Selon des propositions hongroises qui devraient être présentées ce mois-ci, toute réduction du budget de l'UE devrait se fonder sur la richesse de chaque pays membre.
"Ce que nous pouvons accepter, c'est que, si nous ne parvenons pas à nous entendre sur un budget important et que le pourcentage de 1,06% du revenu national brut est ramené à 1,04 ou 1,03%, il soit basé sur le degré de développement de chaque pays membre", a-t-on déclaré à Reuters dans l'entourage du Premier ministre hongrois.
Le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, sont convenus lors de discussions à Madrid que le budget européen ne devait pas descendre en dessous de 1,06% du revenu national brut total du bloc, ainsi que l'avait proposé la présidence luxembourgeoise de l'UE, rapporte-t-on de source gouvernementale espagnole.
Des diplomates européens ont estimé que la nouvelle proposition britannique ramènerait le budget de l'UE à 1,3% du revenu national brut.
Zapatero et Barroso ont aussi estimé qu'il était très important pour l'UE que l'on se mette d'accord ce mois-ci sur un budget, dit-on encore de source gouvernementale espagnole.
L'Espagne, qui a reçu 93 milliards d'euros de fonds européens depuis son adhésion en 1986, accepte une forte baisse du financement européen dans le prochain budget, mais elle souhaite que cette réduction soit aussi progressive que possible.
Les négociations budgétaires se sont enlisées en juin dernier, de gros contributeurs au budget, comme l'Allemagne, faisant pression pour une réduction des dépenses européennes ainsi que de leur propre cotisation. Un compromis a paru à portée mais a échoué, Londres refusant de renoncer à sa ristourne - chèque gagné de haute lutte en 1984 par Margaret Thatcher, qui estimait verser trop au budget par rapport à son niveau de richesse.
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